Le contrôle parental est obligatoire sur les appareils neufs

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Beaucoup de parents découvrent l’existence de cette obligation par hasard, en allumant pour la première fois une console ou un appareil neuf destiné à leur enfant. Elle ne relève pourtant pas d’une option commerciale ajoutée par un fabricant, mais d’une obligation légale précise.

Une loi votée pour répondre à un usage déjà massif

La loi du 2 mars 2022 visant à renforcer le contrôle parental sur les outils numériques impose aux fabricants d’appareils permettant l’accès à internet ou à des contenus susceptibles de nuire à l’épanouissement des mineurs de proposer un dispositif de contrôle parental, à un coût qui ne peut être facturé en supplément à l’achat. Le texte concerne aussi bien les smartphones et tablettes que les consoles de jeu connectées à internet.

« La loi impose aux fabricants d’équipements terminaux destinés à un usage individuel et permettant l’installation d’une ou plusieurs applications de proposer, gratuitement, un dispositif de contrôle parental lors de la première mise en service. » — présentation de la loi du 2 mars 2022, legifrance.gouv.fr

Un décret d’application est venu préciser les modalités concrètes de cette obligation, notamment le moment exact où le dispositif doit être proposé à l’utilisateur et les catégories d’appareils concernées par le texte. Cette précision réglementaire visait à éviter qu’un fabricant ne se contente d’une simple mention dans une notice papier, rarement lue, pour considérer son obligation légale remplie.

L’activation à la première mise en service

Concrètement, l’appareil doit proposer l’activation du contrôle parental dès son premier démarrage, avant que l’utilisateur ne puisse accéder librement à l’ensemble de ses fonctions. Ce choix d’activation précoce vise à éviter que le dispositif ne reste ignoré, enfoui dans un menu de réglages que peu de parents auraient l’idée de consulter spontanément après plusieurs semaines d’utilisation de l’appareil par leur enfant.

Ce que le dispositif filtre réellement

Selon les appareils, le contrôle parental permet de limiter le temps d’écran, de restreindre l’accès à certaines catégories de contenus ou d’applications, de bloquer les achats non autorisés, ou de suivre à distance l’usage fait de l’appareil. Sur une console de jeu, il s’articule souvent avec la classification PEGI des jeux installés, permettant de bloquer automatiquement les titres au-dessus d’un âge défini par le parent.

Une obligation qui s’appuie sur les fabricants, pas sur les éditeurs

La loi cible spécifiquement les fabricants d’appareils, et non les éditeurs de jeux ou les plateformes de distribution, qui restent soumis à d’autres obligations, notamment l’affichage de la classification par âge sur leurs fiches produits. Cette répartition des responsabilités explique pourquoi le contrôle parental proposé sur une console diffère souvent, dans son fonctionnement précis, de celui proposé par une plateforme de jeu en ligne installée sur ce même appareil : les deux dispositifs répondent à des obligations distinctes, portées par des acteurs différents de la chaîne.

Un parent attentif a donc intérêt à vérifier les réglages à deux niveaux : celui de l’appareil lui-même, imposé par la loi dès la première mise en service, et celui de chaque plateforme ou compte de jeu utilisé ensuite, qui propose généralement ses propres options complémentaires de restriction.

Les limites d’un dispositif technique

Le contrôle parental ne remplace pas un accompagnement : un enfant peut utiliser un appareil non protégé d’un camarade, contourner certains réglages avec de l’aide en ligne, ou simplement ne pas comprendre pourquoi telle restriction s’applique s’il n’en a jamais discuté avec ses parents. Le dispositif reste un filet technique, pas une solution éducative complète, et fonctionne d’autant mieux qu’il s’accompagne d’un dialogue régulier sur les usages plutôt que d’une simple restriction imposée sans explication.

Cette limite technique explique aussi pourquoi le choix du matériel lui-même, détaillé dans notre rubrique Matériel & Écrans, reste une décision complémentaire à ce cadre légal : un appareil adapté à l’âge de l’enfant facilite d’autant l’usage raisonné que le contrôle parental cherche à encadrer, qu’il s’agisse de la taille de l’écran, de sa distance de lecture recommandée ou de sa capacité à limiter automatiquement la luminosité en soirée.


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